25 | 11 | 2017

 Quelques éléments sur le patrimoine

armes_brachet.gif

Dès les temps les plus reculés, il semble que les hommes ont vécu sur notre sol, comme l’attestent les vestiges de l’époque préhistorique retrouvés sur notre commune. Plus tard, les tribus gauloises qui habitaient notre région, appartenant à la puissante confédération des Lémovices ont activement participé à la résistance contre l’envahisseur romain. Après la défaite de Vercingétorix, notre contrée dut se soumettre et fut occupée par le vainqueur. Dès 49 avant JC deux légions vinrent prendre leurs quartiers d’hiver dans le pays et imposèrent la paix romaine.

Celle-ci dura pendant quatre siècles au cours de laquelle s’instaura une aristocratie de gros propriétaires qui font construire des « villas » aux abords des routes jusque dans les endroits les plus reculés.

Cette vie paisible fut soudain anéantie par les invasions barbares successives qui ruinèrent toutes nos villes. Proetorium (St Goussaud) fut pillée et brûlée.
blason_napoleon3.jpg
Après la bataille de Vouillé en 507 qui voit la victoire de Clovis, notre région passe sous la domination franque et connaît une période de luttes continuelles. Les Mérovingiens laissèrent notre pays exsangue. La guerre que soutinrent les ducs d’aquitaine contre les rois carolingiens fut un nouveau fléau pour notre région. En 731, Charles Martel la ravagea. Après la bataille de Poitiers en 732, les Sarrasins envahirent notre province saccageant les villes et les monastères. Proetorium fut à nouveau détruit ainsi que Bénévent et Pontarion

Les paysans que le Roi était impuissant à protéger demandèrent aide aux seigneurs auprès desquels ils pouvaient trouver asile à l’abri des châteaux forts qu’ils avaient construits pour leur propre sécurité. Ainsi naissait la féodalité.

A cette époque notre pays se morcelle en grands domaines féodaux. Lors du démembrement de la province de la Marche, Guy de Lusignan se vit attribuer une partie comprenant Peyrat, Bourganeuf, Pontarion et Royère. Le nouveau possesseur de ses fiefs ainsi que ses descendants portèrent leurs hommages au Comte de Poitiers. Ainsi la paroisse de Saint Dizier devenait poitevine.

De grandes familles se partageaient la région dont les Brachet, seigneurs de Peyrusse qui étendaient leur autorité sur Saint Dizier.

Au milieu dempreinte_cachet_mairie.gife toutes ces vicissitudes, l’Eglise qui bénéficie d’une diffusion rapide de la religion chrétienne semble être la seule institution stable.

Pour essayer de dater la fondation des paroisses, les érudits utilisent le critère des titulatures, c’est à dire le nom des saints portés par les églises. Entre le VII° et le IX° siècle apparaissent les noms des saints gaulois en général évêques dont Saint Didier, évêque de Langres martyrisé par les vandales Il est probable que notre paroisse se soit constituée vers cette époque.

Elle dépendait de l’archipréché de Bénévent. On en trouve trace en 1085 dans le cartulaire de cette abbaye (Ecclésia Sancti Désidérii)

Dès lors, la vie de notre paroisse devenue beaucoup plus tard commune de Saint Dizier Leyrenne devait suivre les méandres de la grande Histoire, émaillée de beaucoup de petites histoires.

Haut

L’EGLISE

vitrail_eglise.gifL’église actuelle ainsi que le collatéral datent du XIIème siècle. Au XVème siècle l’ensemble fut profondément transformé. En effet, à cette époque particulièrement troublée, les paysans se regroupent et devant l’incapacité ou l’impossibilité des seigneurs à les défendre efficacement fortifièrent les églises pour servir de refuges pour eux et pour leurs récoltes.

L’abside a donc été remaniée et surélevée. Il en subsiste une tour maintenant arasée avec des meurtrières encore très visibles de l’extérieur.

Dans les années 1755, l’église se voit flanquée d’un clocher à beffroi condamnant de ce fait l’ancienne porte. Celle-ci, sur l’extérieur est ornée d’un tore ininterrompu en tracé brisé et d’un cordon à retour tombant sur deux sculptures représentant des personnages mitrés.

Sur la gauche de cette ancienne entrée on peut remarquer une large pierre posée sur deux socles en granit. Il s’agit en réalité d’un reposoir sur lequel on déposait le cercueil des défunts avant l’accueil dans l’église; A Saint Dizier, ce monument est connu sous l’appellation de « Pierre des morts ».

Dans l’angle extérieur du collatéral et de l’ancienne entrée un grand bénitier carré en granit est difficile à dater

L’église est placée sous le quadruple vocable de la Vierge Marie, de Saint Dizier, de Saint Gervais et de Saint Protais.

En souvenir de l’anniversaire de la nativité de la Vierge Marie, la fête patronale était fixée au 8 septembre, « la Septembre », comme l’on disait à l’époque.

Lorsque l’on pénètre dans l’église, on est frappé par le bel ensemble rendu par le granit omniprésent et la luminosité colorée des vitraux encadrant le chœur.

Dans les années 1859-1862, sous Napoléon III, l’église a été restaurée. Le dallage refait par Messieurs Labussière Louis et Jean père et fils, adjudicataires des travaux. Les vitraux du chœur réalisés par les ateliers Thevenot de Clermont-Ferrand ont été posés en 1861. Ils représentent la Vierge Marie au centre, Saint Dizier à gauche et Saint Gervais à droite.

Le collatéral est quant à lui orné d’un vitrail de la Vierge Marie.

A cette même époque, le 10 février 1861, le conseil municipal de Saint Dizier vote une somme de 234 francs pour travaux et fournitures faits pour le placement de l’horloge communale, mémoire de frais déposé par Monsieur Glanjeaud, serrurier et marchand de fer à Saint Dizier.

Le mécanisme de cette horloge, restauré par Monsieur Laraud est exposé à la droite de la nef. Elle a été remplacée en 1964 par l’horloge actuelle, don de Monsieur Pierre Pelège.

Dans les années 1955, sous l’impulsion de l’abbé Martial de Vendière aidé de Madame Renée Brun, et sous le contrôle de Victor Pelle représentant du Conseil Municipal, les boiseries du chœur, en très mauvais état sont retirées permettant de découvrir les très belles pierres de l’édifice.

L’autel actuel en granit du pays est installé en 1956 ainsi que les vitraux de la nef et du collatéral. Ces vitraux réalisés par les ateliers Chigot de Limoges, de facture moderne sont très lumineux et apportent une clarté douce et paisible dans l’édifice.

Le vitrail du porche d’entrée a été créé à l’identique. Il a pu être installé en août 2001 grâce à la générosité de l’association des amis de la place de Saint Dizier qui a ainsi voulu marquer d’une façon « lumineuse » son attachement à la sauvegarde du patrimoine de notre commune.

Le chœur, plus étroit que la nef possède deux chapiteaux ornés, côté nord de personnages et au sud d’entrelacs.

Le tabernacle en chêne de facture locale, probablement du XVIIIème siècle est très joliment sculpté d’une colombe représentant le Saint Esprit et de l’agneau pascal. Les chandeliers qui l’entourent ont été récemment retrouvés dans le clocher.

Dans le collatéral a été installée la chapelle de la Vierge.

Le baptistère de facture très ancienne date du XIII ème ou XIV ème siècle.

Le chemin de croix de facture moderne a été réalisé après les travaux de restauration de 1955 par Monsieur Jauberty, menuisier à Saint Dizier. Il remplaçait l’ancien de 1927, assez endommagé, dont on peut voir deux éléments nouvellement réhabilités dans la sacristie et dans le collatéral.
L’église est également remarquable par la qualité des pierres tombales présentes dans le dallage.
Si les ecclésiastiques avaient ainsi que les syndics fabriciens le privilège de pouvoir être enterrés dans l’église, beaucoup d’autres pouvaient accéder à cette sépulture moyennant le paiement d’un droit dont le produit servait au fonctionnement de la fabrique. Pour lutter contre cette pratique Monseigneur de Coëtlasquet, Evêque de Limoges, doubla ce droit en 1745. Un décret royal du 10 mars 1776 supprima d’une façon absolue la sépulture dans les églises.

Les registres paroissiaux donnent quelques indications à leur sujet et on peut dresser une liste non exhaustive de ces inhumations :

Le 20avril 1744, Léonard Montayaud, prieur curé de Saint Dizier, 70 ans;
Le 24 octobre 1752, Marguerite Caillous épouse Parisous du village de « Theiller », âgée d’environ 28 ans ;
Le 4 février 1764, Gilbert Audubert, prêtre de la mission de Limoges ;
Le 6 septembre 1770, Jacques Voisain, prêtre vicaire ;
Le 24 janvier 1768, Marie Pelège veuve de Pierre Fournier décédée au village des Effes âgée d’environ 30 ans. …

On a vu que des droits étaient perçus au profit de la « fabrique ». On a donné ce nom à l’administration des paroisses qui a pour but de pourvoir à l’entretien des églises appelées, jusqu’au XIVème siècle, « fabriques » dans les traités d’architecture. Le curé à coté de ses fonctions spirituelles devait en effet se procurer les ressources nécessaires pour les réparations de l’église, pour l’entretien des objets du culte, pour l’établissement des cimetières … Si les dépenses à faire étaient trop considérables, elles devaient être supportées par les paroissiens. Il fallait donc qu’ils eussent eux-mêmes une part dans cette administration. Ils y étaient représentés par le syndic-fabricien, dont les attributions avaient quelques rapports avec celle du maire qui est à la tête de chaque commune. Ils étaient nommés par le suffrage des habitants de la paroisse rassemblés devant la porte de l’église, à l’issue de la messe dominicale, où les chefs de familles désignaient de vive voix celui d’entre eux qu’ils jugeaient le plus capable de remplir ces fonctions. Un notaire dressait le procès-verbal de l’élection et le syndic-fabricien entrait immédiatement en fonction pour trois ou quatre ans renouvelables. Pour les affaires importantes, les paroissiens étaient directement consultés. Ces assemblées populaires se tenaient sur la place, devant la porte de l’église, le dimanche, à l’issue de la messe ou des vêpres et étaient annoncées par le son de la cloche.

Le dernier écrit relatif à la fabrique de Saint Dizier, daté du 12 mars 1787, organise, au sein des villages de la paroisse, la collecte du fil destiné à entretenir les cordes des cloches.

A noter que le sacristain qui avait entre autres le rôle de sonner les cloches était souvent désigné, sur proposition du curé au cours de ces mêmes assemblées. Il en était dressé un procès-verbal qui fixait les droits et devoirs de celui-ci.
eglise_restauree.jpgLes cloches avaient un rôle important dans la vie de la communauté. Elles réglaient les heures en sonnant l’Ave Maria soir et matin ainsi qu’à midi. Elles annonçaient les différentes cérémonies, baptêmes, mariages et enterrements.

L’usage était dans nos campagnes de sonner les cloches lorsque l’orage menaçait. Selon le rituel du diocèse publié par Monseigneur d’Argentré en 1774, le prêtre qui bénit la cloche adressait cette prière « Quand le son de cette cloche se fera entendre, faites ô Seigneur que le bruit de la grêle et l’impétuosité des tempêtes soient dissipés et que le grondement du tonnerre soit diminué… »

Le sacristain, délégué pour cet office passe un contrat avec les laboureurs qui le rémunèrent pour ce travail.

L’origine des cloches actuellement présentes dans le clocher est assez vague.

Le 13 juillet 1864, le conseil municipal considérant « que la commune possède trois cloches et qu’avec cela elle n’a pas de sonnerie en rapport avec son étendue et sa population » décide d’en faire refondre deux pour « avoir une fort jolie cloche pour la localité ». A l’unanimité le conseil présidé par Monsieur Plaize vote la somme de onze cents francs pour « parvenir à faire une cloche convenable pour la commune ».

L’état de l’édifice ne cessant de se dégrader, le Conseil Municipal décide, en date du 15 mars 2004, des travaux de restauration nécessaires. Ceux-ci sont entrepris rapidement et sont terminés en 2007. L'individualisation de la nef en tuiles canal, la mono pente en pénétration contre un long-pan pour le collatéral nord, le chœur en abside avec une couverture rayonnante en tuiles canal sur une corniche en granit permettent de résoudre les problèmes de gros œuvre et de charpente en redonnant du caractère et une authenticité à l'édifice qui retrouve ainsi le style roman originel. L'inauguration de ces travaux a eu lieu le 24 novembre 2007 en présence de l'Evèque du diocèse de Limoges, des entreprises et particuliers donateurs, et des institutionnels représentant les collectivités locales, régionales et nationales parties prenantes.

Haut

place

 

LA PLACE

Lorsque l’on sort de l’église on est frappé par la grandeur de la place. Il faut savoir que jusqu’en 1845, deux cimetières l’occupaient. La translation a eu lieu sur un terrain acheté à Pierre Couty.

Les habitants de Saint Dizier sont légitimement fiers des arbres qui occupent une partie de cette place. Dans sa séance du 14 mai 1865, le conseil municipal vote la somme de 222,55 francs pour régler François Tixier qui s’est chargé de planter 13 marronniers d’Inde et cinquante et un tilleuls. A noter que dans ce montant il était prévu 56 francs « pour la pose d’une barrière dans toute la largeur de la place pour garantir le choc des voitures » ....

Enfin pour terminer, tournons nous vers le monument aux morts qui domine la pelouse de la place. Réalisé par les établissements Nourisseau en pierre du Compeix, il fut érigé en deux temps. D’abord coiffé d’une simple pierre chapiteau, il fut inauguré le 26 septembre 1920 en présence de nombreuses personnalités. Il recevra un peu plus tard la statue du poilu symbolisant tous nos soldats morts au champ d’honneur dont les trop nombreux noms sont gravés sur ses côtés.

Visiteurs

Aujourd'hui 1

Hier 36

Semaine 186

Mois 948

Total 102505

Kubik-Rubik Joomla! Extensions